A la rencontre de ... ZAK KONE

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Zak Kone fait partie de la génération montante et talentueuse des stylistes ivoiriens.Très admiratrice de son travail et son parcours,j'ai décidé d'aller à sa rencontre.
C'est un Zak souriant, sympathique mais aussi très occupé qui m'a accueilli il y a quelques semaines au sein de son atelier sis aux vallons. C'est avec beaucoup d'humilité et d’honnêteté qu'il a répondu à mes questions.


Peux-tu te présenter en quelques lignes aux lecteurs ?

Je m'appelle Zak Kone , créateur de la marque PELEBE.

Derrière la marque , qui est Zak kone ?

Je suis Zak Kone , styliste ivoirien. j'ai 25 ans et je réside en côte d’ivoire.

Quand et comment as-tu su que tu es fait pour ce métier? est-ce qu'il y a eu un déclic?

Non, il n'y a pas eu de déclic. J’ai toujours su ce que je voulais depuis petit. J'ai toujours nourri en moi cette ambition qui a grandi au fil du temps. En effet , l’ambition est plus grande aujourd’hui que quand j’avais 15 ans par exemple. J’ai encore plus envie de faire ce métier , de m'améliorer , d’exceller et d’exploiter les divers univers de ce domaine.

Comment se sont déroulés tes débuts dans la mode ?

En 2007 , Après avoir obtenu mon baccalauréat professionnel en marketing et communication , j’ai décidé de suivre ma voie au lieu de faire autre chose. Malheureusement mes parents n'étaient pas d’accord parce qu’ils voulaient que je termine d’abord mes études , aussi j’étais destiné à une grande carrière de publicitaire et de journalisme. J’ai quand même suivi mon instinct , mon cœur. N’ayant pas les moyens de m’inscrire dans une école , j’ai décidé d’apprendre sur le tas. Je suis donc allé voir mon mentor qui est comme une deuxième maman pour moi , AYA KONAN une décoratrice et designer en bijoux Akan, auprès de qui j’ai appris et je continue d’apprendre le métier. Après, tout s’est enchaîné.
En 2008, j’ai participé au concours de jeunes créateurs de la marque UNIWAX , j’ai remporté le prix de la catégorie “tenue de soirée” et j’ai terminé 2ème au classement général. A la suite de ce concours j’ai signé un contrat avec UNIWAX qui m’a permis de paraître dans leurs catalogues et de participer à plusieurs événements. Voilà en gros comment se sont déroulés mes débuts.

Peux-tu nous décrire l’univers PELEBE?

L’univers PELEBE est tout simple , on essaie d’exploiter le côté africain tout en gardant le côté très moderne et urbain parce que j’estime que la femme africaine d'aujourd'hui est fière de ses origines mais reste quand même une citoyenne du monde.
Avec PELEBE , on veut montrer que la nouvelle Afrique c’est celle qui s’est mélangé avec l’occident , l’Amérique et pourquoi pas l’Asie. Ce n’est pas une nouvelle Afrique mais une Afrique plus moderne, plus chic , plus urbaine et plus forte.
Butterflies by PELEBE


J’aimerais que tu nous parle de ta dernière collection: “Scandaleuses”.

Le nom “scandaleuses” vient de la matière utilisée  : la dentelle. L’idée vient du fait que même s’ils affirment le contraire par hypocrisie , au fond les gens aiment bien ce qui choque ; ce qui fait scandale. J’ai donc créé cette collection pour défier les mœurs , mais avec de la sensualité plutôt que de la vulgarité.
Scandaleuse met en valeur le corps de la femme sans le dénuder. Les coupes sont fermées pour laisser la matière montrer les aspects du corps de la femme, c’est sensuel et sexy sans être vulgaire ni dégradant.



Quel mannequin ivoirien est la muse de PELEBE ?

PELEBE n’a pas de muse dans le sens où la marque s’inspire de toutes les femmes mais a une égérie qui pour moi représente la nouvelle génération de la femme africaine , il s’agit de DORIS BELLO.
C’est une jeune femme qui est une citoyenne du monde , très cultivée , battante , naturelle , fière de ses origines africaines,  indépendante et si on ajoute à tout ça son physique , elle est vraiment à l’image de la marque PELEBE.

Quel est ton plus beau souvenir en tant que jeune créateur ?

(hésitation) C’est difficile pour moi de définir mon plus beau souvenir parce que je suis quelqu’un qui croque la vie à plein dents , quelqu'un qui profite de tous les instants et qui aime ce qu’il fait. Par exemple là maintenant avec toi c’est déjà une très belle expérience.
Pour te répondre, je dirais que c’est tous les jours quand une cliente sort de mon atelier très contente.

A ce qu’il parait, il est très difficile de se faire une place dans le milieu de la mode ivoirienne parce qu’il y a beaucoup de coups bas. Vrai ou faux ?

Je dirais que comme dans tout métier il y a des hauts et des bas, mais personnellement je n’ai eu aucun souci avec un acteur de la mode ivoirienne. Je m’entends bien et j’ai du respect pour tout le monde. Je n’ai aucun souvenir d’un coup bas.

Collection Snob de PELEBE à Moreno's fashion

Alors , si tu devais décrire le milieu de la mode ivoirienne comme une demoiselle , tu dirais que c’est une peste ? une prude? une coquine? une chipie? une bonne copine ?

(rires) Franchement je dirais que c’est une star déchue.

Une star déchue ? et pourquoi ?

Tout simplement parce qu’il y a une dizaine d'années , la Côte d'ivoire était la capitale de la mode en Afrique de l’ouest mais aujourd’hui j’estime qu’elle s’est faite devancé par le Nigeria et le Ghana qui ont de nouveaux créateurs qui ont fait un boom. Il faut dire que dans ces pays , ils ont donné la chance à de nouvelles visions ce qu’on ne fait pas ici. Donc pour moi le milieu de la mode ivoirienne est une demoiselle un peu ringarde, has been.

En tant que jeune créateur qu’est ce que tu fais pour remédier ? Déjà on constate qu’il n’y a pas assez d’événements mode , est ce que tu essaies de faire bouger les choses?

Oui à mon niveau j’essaie de faire bouger les choses avec les gens de mon âge. Je respecte beaucoup les aînés, je n’ose pas me mesurer à leurs événements. J’ai organisé une exposition avec d’autres jeunes stylistes en décembre dernier qui s’est très bien passé , j’essaierai d’en faire deux chaque année.
L'atelier PELEBE 



Quels sont tes projets à court et long terme ?

J’ai ouvert mon atelier l’année dernière, mon projet à court terme est de faire grandir mon activité. A long terme , c’est de faire de telle sorte que la marque PELEBE traverse les frontières de la Côte d’ivoire , solidifier mes acquis en participant à plus d’événements , continuer à apprendre et à me perfectionner.

Un dernier mot ?

Merci d’avoir pensé à moi . Ça fait toujours plaisir de voir que les jeunes de ma génération ont des activités dans le domaine et essayent d’apporter les informations à ceux qui n’y ont pas accès grâce à internet. Bon courage!

Grand merci à Orphelie Thalmas de RAR pour les photos, ses conseils et sa disponiblité.

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